Plaquette padouane en bronze à l’effigie d’Hercule, Maître au monogramme HB, Italie, deuxième quart du XVI° siècle

Mis en ligne par le 15 mars 2014

Plaquette circulaire en bronze patiné portant au recto un visage de profil (visage d’Hercule avec la peau du lion de Némée nouée autour de son cou) et au verso figurant une scène de la vie d’Hercule qui pourrait réprésenter le moment où on lui remet la chemise ensanglantée du Centaure Nessus.

Sur la partie inférieure du revers on notera le monogramme HB au coté duquel se tient un oiseau (aigle?)

Une version légèrement ovale de cette plaquette recto-verso faisait partie de la collection des Grands Ducs de Toscane et est aujourd’hui conservée au Musée du Bargello de Florence. Des versions à simple face ainsi que deux versions au revers différent ont été répertoriées.

Références:
– ill 190, pp 105, Placchette secoli XV-XVIII, Toderi, Vannel-Toderi 1996
– n° 468, pp 470, Renaissance medals Volume one: Italy, J.G. Pollard 2007

Une magnifique version (Clifford collection) a été présentée par la maison Nomos de Zurich le 25 octobre 2011 (lot 19).

D’aptrès Furtwängler, le profil d’Hercule proviendrait d’une intaille d’amethyste (Adolf Furtwängler, Die antiken Gemmen: Geschichte der Steinschneidekunst im Klassischen Altertum, 1900, XLI 35), d’autre part, le Musée archéologique de Florence conserve une intaille en calcédoine du XVI° siècle au même profil d’Hercule.
Enfin, le revers aurait été fait d’après une gravure de l’artiste allemand Hans Sebald Beham vers 1500/1550.

Hercules, Hans Sebald Beham circa 1540, Harvard Art Museums

Il reste à déterminer l’auteur de cette plaquette: cet exercice a donné lieu à de nombreuses théories:
Molinier a considéré en toute logique que le monogramme HB était une reprise du monogramme de Hans Sebald Beham alors que d’autres auteurs ont penché vers une attribution à Hercule Bassiano, ami de Giovanni de Cavino. Enfin, le consensus aujourd’hui reprend la position de Pollard qui attribue cette plaquette à un certain « monogrammiste HB » actif à Padoue au deuxième quart du XVI° siècle… ce qui ne répond pas vraiment à la question d’une attribution sérieuse.

Enfin la diffusion relativement large de cette plaquette en Europe est un argument qui écarte l’hypothèse d’une création isolée. Elle provient selon toute vraisemblance d’un atelier qui bénéficiait à l’époque, d’une réelle notoriété.

D’après Pollard, Renaisance Medals, National Gallery of Arts, Washington, Vol.1, pp 470, qui soutient l’hypothèse d’une création par Giovanni da Cavino, cette médaille aurait été éditée en 1544 dans le cadre d’un appel de fonds afin d’ériger une statue colossale d’Hercule réalisée par Bartolommeo Ammanati selon la commande passée par Marco Mantova Benavides pour le Palazzo Benavides de Mantoue. L’hypothèse émise par Pollard pour expliquer le monogramme HB serait une référence à Hercules Buphiloponus (Hercule « amoureux » du travail) qui devait figurer sur le socle de la statue. L’oiseau représenterait Jupiter, le père d’Hercule, il devait également être sculpté sur la base de la statue.

On retrouve par ailleurs notre tête d’Hercule sur un pommeau d’épée conservé au Museo Bardini de Florence:

Pommeau d’épée, Museo Bardini, Florence

Enfin, et dans un registre différent, le Musée Le Secq de Tournelles à Rouen conserve un mortier du Maître de Senlis du milieu du XVII° siècle orné du même profils que celui figurant sur notre médaille.

Mortier d’apothicaire, Maître de Senlis, milieu du XVII° siècle, Musée Le Secq de Tournelles, Rouen