Plaquette en laiton ovale, la Conversion de Saint Paul, France, début du XVII° siècle

Mis en ligne par le 5 novembre 2016

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Grande plaquette ovale en laiton fondu représentant la Conversion de Saint Paul.
On y distingue les soldats romains désarçonnés de leurs chevaux par une lueur émanant d’une nuée habitée par Dieu-Le-Père. Au premier plan Saint Paul, à terre et en extase, désigne de la main l’intervention céleste alors que ses comparses se protègent de leurs bras ou de leur boucliers des rayons divins.
Cette plaquette fait la paire avec une autre plaquette ovale de même dimension qui représente la lapidation de Saint Etienne (Collection Convert). Il s’agit là d’une des rares plaquettes françaises du début du XVII° siècle.

Von Moltheim décrit un exemplaire de la Conversion de Saint Paul portant une dédicace gravée au verso et datée de 1644. Son origine géographique pourrait être l’Est ou le Nord de la France bien que l’hypothèse d’une attribution flamande ait été avancée par Von Moltheim en 1926.

D’un point de vue technique, lors de l’empreinte sur la matrice négative (probablement sculptée en bois), une feuille de papier vergé a été apposée sur la  plaque de cire destinée à être pressée sur la matrice de bois afin d’en épouser les reliefs. Cette étape réalisée avant les opérations de fonte permettait d’obtenir un positif en cire destinée à être remplacée par du bronze ou du laiton fondu. On retrouve ainsi les traces du vergé et les pliures de ce papier sur la trame du verso.
La plaquette mesure 210 mm de longueur par 162 mm de largeur pour environ 2 mm d’épaisseur.
Les exemplaires de cette dimension doivent être considérés comme issus du tirage de référence (ou exemplaires d’orfèvre). On en localise quelques exemplaires dans d’illustres collections, leur qualité de fonte est remarquable sans ciselure secondaire. Certaines d’entre-elles sont décrite par Weber comme étant en bronze doré (mais elles pourraient être en laiton dont l’aspect peut se rapprocher de celui du bronze doré):

  • Rijkmuseum d’Amsterdam (Bronze doré)
  • Museo Civico de Trieste (Bronze doré)
  • Suermondt Museum d’Aachen (Bronze doré)
  • Collection Michael Hall à Londres

Quelques tirages de dimension plus réduite (de 197 à 200 mm / 152 à 160 mm) sont signalés dans des collections de renom. Ces exemplaires sont très probablement des tirages obtenus par surmoulage du modèle original de dimension supérieure. A l’instar de ce qui est observé dans le domaine des médailles, le surmoulage en cire est fidèle au modèle mais sa conversion métallique s’accompagne inexorablement d’une retraction du métal au refroidissement : ainsi plus les générations de surmoulages se succèdent, plus la taille des oeuvres s’amenuise.

  • Bowddoin college collection à Brunswick
  • KunstMuseum de Dusseldorf
  • Collection Alavoine à Paris
  • Kunsthandel de Würzburg

Remarques :

Provenance: marché de l’art français, Franche-Comté, Ebay, Juillet 2016

Références :
Ingrid Weber, Deutsche, Niederländische und Französische Renaissance-plaketten, Munich, 1975, p. 407, n° 1033 et planche 295