Plaquette rectangulaire en bronze à la Vierge à l’Enfant, Italie du Nord, XVI° siècle

Mis en ligne par le 5 octobre 2014

Plaquette en bronze à patine brune repésentant la Vierge à l’Enfant, de profil, assise sur un coussin. L’Enfant Jésus, se tient nu, debout sur ses genoux.
Les deux personnages sont auréolés. Wilhelm Bode associe cette plaquettes ainsi que des plaquettes de style proche à Jacopo Sansovino (1486-1570) ou à son atelier.

On notera la technique de fabrication de cette plaque à la cire, par association de plusieurs éléments, notamment l’adjonction d’un cadre mouluré. Cette plaque a secondairement été reprise en gravure afin d’élaborer un pourtour de fleurs et de feuillages autour de la scène.

Ce modèle rare n’est connu que par quelques exemplaires dont un aujourd’hui disparu ayant appartenu à G. Eisner qui l’a acquis en 1902 à Francfort. Cette plaquette a été exposée à partir de 1929 à Berlin et disparu en 1943.
http://www.lostart.de/DE/Verlust/222024

L’exemplaire de Berlin était dépourvu d’encadrement et n’était pas orné d’une frise végétale gravée.

Vierge à l’Enfant, Ex Collection Eisner, Berlin (Aujourd’hui disparue)

Un autre exemplaire dépourvu de cadre et comparable à l’exemplaire Eisner faisait partie de la collection Sambon dispersée par Hirsch en 1914 (Lot n°132).
Enfin le Staatliche Museum de Berlin conserve un moulage inversé en plomb du modèle présenté ici.

Enfin on connaît quelques modèles proches (Variants A, B, C et D selon Riddick) qui vont du modèle détouré à des versions profondément modifiées: http://renbronze.com/2014/11/24/madonna-and-child

L’origine de cette plaquette est l’Italie du Nord, probablement Venise au XVI° siècle.
Les variants sont souvent germaniques et on peut imaginer un artiste (qui pourrait avoir été un élève de Sansovino), possédant un exemplaire vénitien, pour le décliner en Allemagne au cours du XVI° siècle à la manière de Sansovino.

Plus tardivement, en France, les potiers d’étain lyonnais ont repris ce motif de Vierge à l’Enfant afin de fabriquer de petits bénitiers muraux. D’après Bergbauer, on peut dater et localiser les plaquettes d’étain constituant ces bénitiers par leurs poinçons qui attestent d’une production lyonnaise de la fin du XVII° ou du début du XVIII° siècle. L’attibution généralisée de ces pièces d’étain à l’Espagne est de toute évidence une méprise largement diffusée…

Par ailleurs, le Dr. Ramousse a observé une cloche française, datant probablement de la fin du XVII° siècle et portant ce même motif.

Hauteur: 124 mm (hors bélière)
Largeur: 107 mm
Epaisseur: 5 mm en bordure

Remarques:

références bibliographiques: