Mortier lyonnais en airain à huit contreforts et double registre de pastillages, avant 1624

Mis en ligne par le 18 décembre 2014

Petit mortier en airain, de fonte exceptionnellement fine et richement décoré. Sa panse tronconique est assise sur une petite base débordante et est surmontée d’un large col. La panse est scandée de huit contreforts à ailettes dont sept présentent un appui lisse (B958) et un, quasi-identique aux sept autres, présente un appui segmenté (B958bis).
Ces contreforts isolent huit faces rigoureusement identiques et décorées d’une fleur naturelle (B616) en partie haute et d’une fleur de lys (B769) en partie basse. Les deux motifs étant séparés d’un filet constitué de huit petites perles alignées entre les axes médians de chaque contrefort.
Le col est décoré de 25 fleurs de lys (B769) en position oblique et d’un motif constitué de deux « pétales centraux » issus des mêmes fleurs de lys destinés à combler un espace laissé vacant ne permettant pas d’y positionner une fleur de lys entière.
Un filet constitué d’une succession de petites perles jalonnées de besants en regard des faces sépare la panse du mortier de son col.
Le travail  du col est très en faveur d’une attribution au Maître du seau Ramousse. Cependant plusieurs mortiers comparables présentent un col sobrement orné de triades de besants qui font pencher leur attribution au Maître de 1603.

Il semble évident que les deux fondeurs ont travaillé ensemble au cours de leur carrière et il est parfois difficile de différencier leurs productions respectives, sauf, bien entendu pour certaines pièces de typologie marquée.

Ce mortier est une variante extrêmement proche du mortier de Soeur Monet conservé à l’apothicairerie de l’Hôtel-Dieu de Beaune.
Ce mortier est représenté sur un portrait de Soeur Monet, pharmacienne de l’Hôtel-Dieu de Beaune, daté 1624 (Bergbauer 2010, La France des Fondeurs, p.70, n°87 (repr.)

HST anonyme datée 1624, Soeur Monet et son mortier, Hôtel-Dieu de Beaune

Technique de la fonte au sable
Diamètre à la gueule: 109 mm
Diamètre à la base: 67 mm
Hauteur: 73 mm

Il s’agit donc d’un mortier datant du premier quart du XVII° siècle.
Il doit être attribué au Maître de 1603 ou au Maître du seau Ramousse dont on connait par ailleurs plusieurs mortiers dont la qualité de fonte exceptionnelle est comparable à la qualité de fonte du mortier présenté ici:
Mortier Lyonnais à dix contreforts segmentés et à double registre de pastillages, France, début du XVII° siècle

Remarque:

Rapport Diamètre à la gueule/Diamètre à la base = nombre d’or 1,618
Provenance:
Collection particulière, région lyonnaise

Pièce identique au N°65, Collection Vidal, Etude Chaussin-Bremens-Guillaumot, 28 Mai 2002