(Français) Mortier en bronze à contreforts représentant des femmes de face et de dos, des joueurs de cornemuse et à faces ornées de portraits de Louis XIII, Bordeaux, deuxième quart du XVII° siècle

Mis en ligne par le June 2, 2013

Par ailleurs, il est pertinent de relier le corpus de ces mortiers à un corpus secondaire: celui du Maître de Saint-Jean illustré par le Mortier du Puy en bronze scandé de cariatides et orné de scènes au Donateur, France XVII° siècle.
Ce rapprochement permet d’éclairer l’analogie stylistique commune aux mortiers du Puy et aux mortiers bordelais.

Exceptionnel mortier en bronze à panse tronconique d’ornementation inédite en fort relief reposant sur une base débordante moulurée et surmontée d’un col mouluré largement débordant.

La panse de ce mortier est scandée de trois personnages répétés chacun deux fois formant six contreforts.
– Une figure féminine de face à longue robe plissée et mains jointes
– Une figure féminine de dos à camail et robe plissée et coiffée d’un chignon
– Un joueur de cornemuse.

Chacune des faces est ornée d’un profil droit du roi Louis XIII (dans l’esprit des monnaies et médailles vers 1635)


Ces bustes de Louis XIII sont entourés de 3 petites fleurs de lys sur 4 faces et de cinq petites fleurs de lys sur deux faces.
Il est très probable que  ces représentations de Louis XIII aient été d’actualité lors de la fonte ce ce mortier, ce qui permet de situer sa fabrication vers les années 1630-1640.

Le col est ponctué de 23 petites fleurs de lys posées verticalement.

La composition de ce mortier rappelle par certains aspects les mortiers du Maitre de Provins ou de l’atelier Buret (Nicolas Buret fut reçu maître en 1637). Le fort relief, l’usage de grands personnages en guise de contreforts et la répétition de petits motifs par triades ou quinconces sur une même face pourraient être considérées comme des “marques de fabrique” de ces ateliers. Toutefois les motifs que l’on trouve ici ne font partie d’aucun répertoire connu ni chez le Maître de Provins, ni dans l’atelier Buret.

Il s’agit donc très probablement du travail d’un atelier parisien ou rouennais.

En ce qui concerne l’identification du fondeur, on peut émettre plusieurs hypothèses:
– Il pourrait s’agir d’un chef d’oeuvre ou d’une commande exceptionnelle au Maître de Provins ou à Nicolas Buret.
– Il pourrait aussi avoir été fabriqué par un disciple extrêmement talentueux d’un de ces fondeurs et dont la carrière fut éphémère.

Technique de la fonte au sable
Diamètre à la gueule : 140 mm
Diamètre à la base: 98 mm
Hauteur: 97 mm

Travail du Sud-Ouest, probablement Bordeaux, des années 1630-1640.

Remarques:

Provenance: Galerie Antoine Boccador, 3 rue de Varenne à Paris 7ième arrt – Que M. Boccador soit remercié ici pour sa contribution à l’enrichissement de ma collection.