Christ d’applique en bronze à périzonium court, bras horizontaux, France XVI° siècle

Mis en ligne par le 17 décembre 2011

Christ d’applique en bronze à patine brune.
L’ensemble du corps est évidé à son verso (tronc, bras et jambes).
Le torse est encore très stylisé, à l’instar des productions du XV° siècle, par contre la couronne d’épine est soigneusement travaillée.
Un rivet derrière la tête témoigne du fait que ce Christ ait initialement été muni d’une auréole probablement comparable à celle figurant sur les modèles auréolés

Voici les liens vers quelques autres exemplaires comparables de ma collection:

Ces modèles de Christ d’applique étaient généralement portés par des croix processionnelles dont on retrouve une quarantaine d’exemplaires répartis de l’Ariège à la Lorraine en passant par le sillon rhodanien.
On ne les retrouve généralement pas à l’Est d’une ligne Montauban-Reims.

France, sillon Rhodanien ou Est du massif pyrénéen au début du XVI° siècle.

Hauteur de la tête aux pieds: 168 mm (sans tenir compte de l’auréole)
Ecartement des bras: 164 mm

Remarques:

Croix de Procession avec Christ d’applique en bronze.
Le Christ et la Croix n’ont pas la même origine.
Il s’agit d’une « recomposition » qui permet d’avoir une idée de l’aspect de ces grandes croix de procession « gothiques ».

Les extrémités de la croix sont ornées de magnifiques soleils anthropomorphes.

De petites plaquettes latérales quadrilobées symbolisant les évangélistes étaient disposées aux deux faces de la croix. Il n’en reste que 3 sur les 8 qui devaient y être appliquées à sa genèse. Les évangélistes y sont présentés selon la vision du prophète Ezechiel (Ez 1, 4-11):

Ez 1:4- Je regardai : c’était un vent de tempête soufflant du nord, un gros nuage, un feu jaillissant, avec une lueur autour, et au centre comme l’éclat du vermeil au milieu du feu.
Ez 1:5- Au centre, je discernai quelque chose qui ressemblait à quatre animaux dont voici l’aspect : ils avaient une forme humaine.
Ez 1:6- Ils avaient chacun quatre faces et chacun quatre ailes.
Ez 1:7- Leurs jambes étaient droites et leurs sabots étaient comme des sabots de bœuf, étincelants comme l’éclat de l’airain poli.
Ez 1:8- Sous leurs ailes, il y avait des mains humaines tournées vers les quatre directions, de même que leurs faces et leurs ailes à eux quatre.
Ez 1:9- Leurs ailes étaient jointes l’une à l’autre; ils ne se tournaient pas en marchant : ils allaient chacun devant soi.
Ez 1:10- Quant à la forme de leurs faces, ils avaient une face d’homme, et tous les quatre avaient une face de lion à droite, et tous les quatre avaient une face de taureau à gauche, et tous les quatre avaient une face d’aigle.
Ez 1:11- Leurs ailes étaient déployées vers le haut; chacun avait deux ailes se joignant et deux ailes lui couvrant le corps;

Cette figure Tetramorphe est reprise dans l’Apocalypse selon Saint Jean (4, 6-8) où Jean a la vision le trône de Dieu est entouré de 4 êtres vivants:

“Le premier ressemblait à un lion, le deuxième à un jeune taureau, le troisième avait comme une face humaine, et le quatrième semblait un aigle en plein vol ».

Le rapprochement de chacune de ces figures avec chacun des évangélistes a été faite par Saint Jérôme vers l’an 400.
Et c’est selon ce rapprochement que l’on discerne:

– Saint Matthieu symbolisé par l’homme ailé portant le Livre, avec un phylactère illisible
– Saint Luc symbolisé par le taureau ailé , avec un phylactère « LUCAS »
– Saint Marc symbolisé par le lion ailé, avec un phylactère « MARCVS »

Cinq de ces plaquettes quadrilobées manquent… Il y avait probablement une plaquette avec un aigle représentant Saint Jean.
Au cas où l’une ou plusieurs d’entre elles étaient conservées dans les tiroirs d’un visiteur du site, n’hésitez pas à me contacter si vous n’êtes pas opposé à l’idée qu’elles retrouvent leur croix processionnelle (ne serait-ce que pour une séance photo!).
Le titulus manque également ainsi qu’une vierge d’applique qui ornait probablement le revers de la croix.
Je n’ai que peu d’informations sur l’aspect que pouvaient avoir ces figures d’applique.

Une note au sujet d’un Christ d’applique en bronze similaire est disponible sur le site:
http://www.ecrandenuit.fr/collection-de-christs-1/page4.html


Il a été possible de dresser une liste des églises qui conservent des croix processionnelles portant cette typologie de Christ d’applique, la liste ouverte ci-dessous n’est pas exhaustive et a été établie en consultant la base Palissy:
http://www.culture.fr/Ressources/Moteur-Collections

  • église Saint-Pierre à Maxey-sur-Vaize dans la Meuse
  • église de Soueix dans l’Ariège
  • cathédrale Saint-Nazaire de Béziers dans l’Hérault
  • église d’Entraunes dans les Alpes Maritimes
  • église de Fabas en Haute-Garonne
  • église de Seix dans l’Ariège
  • église de Limony en Ardèche
  • chapelle du Moutet à Saint-Nicolas-de-la-Grave dans le Tarn-et-Garonne
  • église de Lavangeot dans le Jura
  • église d’Ouagne dans la Nièvre
  • église de Thoisy-le-Désert en Côte-d’Or
  • église de Dommartin-lès-Remiremont dans les Vosges
  • église de Vénosc en Isère
  • église de Mayres dans le Puy-de-Dôme
  • église de Naisey-les-Granges dans le Doubs
  • église de Jezeau dans les Hautes-Pyrénées
  • église de Sor en Ariège
  • église de Virieu-le-Petit dans l’Ain
  • église de Bordes-sur-Lez en Ariège
  • église Saint-Loup d’Etissac dans l’Aube
  • église de Brienne-le-Château dans l’Aube
  • église Saint-Projet de Cassaniouze dans le Cantal (Christ auréolé)
  • église Saint-Théophrède du Monastier-sur-Gazeille en Haute-Loire
  • église de Fabas en Haute-Garonne
  • église Sainte-Radegonde d’Azérat en Haute-Loire
  • église d’Eclans-Nenon dans le Jura
  • église de Courgenay dans l’Yonne
  • église d’Epeugney dans le Doubs
  • église de Pellefigue dans le Gers
  • chapelle de Ganillon à Pebrac en Haute-Loire
  • église Saint-Martin de Roquefort-sur-Garonne en Haute-Garonne
  • église d’Audelange dans le Jura (Christ auréolé)
  • église Saint-Julien à Saint-Julien-de-Coppel dans le Puy-de-Dôme
  • église de Bonnefontaine dans le Jura
  • église d’Orgibet en Ariège
  • église de Sainte-Hélène en Gironde
  • église de Saint-Jean-du-Castillonnais en Ariège
  • église d’Illartein en Ariège
  • église de Montiéramay dans l’Aube
  • cathédrale Saint-Pierre de Beauvais dans l’Oise
  • église Saint-Pierre et Saint-Paul de Donneville en Haute-Garonne
  • église de Morembert dans l’Aube
  • cathédrale Notre-Dame de Bayeux dans le Calvados
  • église de Camalès dans les Hautes-Pyrénées (Christ auréolé)

Deux croix processionnelle l’une du XVI°, l’autre du XV° siècle conservées au Musée de la Faience à Nevers portent des Christ d’applique analogues:
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La distribution géographique de cette typologie de croix processionnelles est clairement définie par un couloir correspondant aux bassins du Rhône et de la Saône délimité au Sud par le département de l’Ariège, Au nord, par celui des Vosges avec quelques incursions dans le Massif central (Nièvre et Puy-de-Dôme).
Il est exceptionnel de rencontrer cette typologie à l’ouest de l’axe Montauban-Reims (les localisations « erratiques » étant les cathédrales de Beauvais et de Bayeux et l’église de Sainte-Hélène en Gironde).